Galejade

Cise

Il y a six ans que j’aurais pu commencer, tel Meursault : “Aujourd’hui”. C’était un haut jour dû, oui. Trop tôt, trop tard, trop vite. Une balafre béante venue scinder ma chair pleine d’abîmes. De ronces, d’errances. De rendez-vous à jamais ratés. Depuis elle me brûle tous les jours dûs, oui. Pas toujours si fort. Mais elle creuse et porte à faux, cette charogne de manque.

J’essaie d’échapper à tant de gravité. Comme une muette je tombe beaucoup.

Aujourd’hui le temps latent s’attend à ce que j’atteigne les joies d’antan. Qu’on s’entende. Je ne peux tant.

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Esquisse 1

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Prêche Vaincu

— Maintenant on ne peut plus rien dire–!
— Ah cher ami privilégié, moi aussi je suis parfois nostalgique de ce temps où la seule réponse possible pour moi était de te faire plaisir. Où la seule réaction socialement acceptable était de ne rien dire — simplement d’applaudir tes maux d’esprit, ton écrasant pouvoir de rire de tout avec n’importe qui tel que moi. Il aurait été en effet assez peu souhaitable que je prenne le temps de t’expliquer la pointe aiguë de tes plaisanteries, touchant parfois à une partie de moi plus intime qu’il n’y paraît ; de souligner que tu ne me connais pas assez (ou feins l’ignorance) pour blaguer aussi légèrement d’un sujet parfois lourd de sens pour moi. Comme une porte qui claque mal et qui laisse passer un courant d’air glacé par intermittences ; comme une plaie que l’on égratigne sans cesse par accident ; comme une insulte qu’on prétend balayer d’un revers de faux rire ; enfant quand je souffrais des rires des autres on me disait donc “ignore-les”. L’indifférence n’est pas une arme ; c’est un rictus d’acier placardé sur un silence qui en dit trop long. Oui je suis, comme toi, en un sens nostalgique de cette chape de plomb qui me permettait de mettre mon coeur sous cloche et de masquer mes fêlures d’un fou rire aigre-doux ; qui me donnait l’illusion qu’en avalant la moquerie sans cesse répétée, l’humiliation qu’elle portait n’était plus un virus mais un vaccin. Ainsi acculée dans ma différence, je pouvais rire de moi avec n’importe qui — et c’était bien tout. Ton réel avait toujours plus de poids que le mien ; aussi ma légèreté était la seule chose qui pouvait peser dans ta balance.
Maintenant je m’autorise un regard, une faille ; je montre soudain que j’ai une part d’intime qui m’est précieuse, et que ton rire n’a pas droit de regard sur ma peine ; que mon plaisir a des accents de souffrance que je souhaite honorer. Ami privilégié, je prends un peu de cette parole qu’on m’a toujours dit d’étouffer ; et si cela irrite ta confiance, j’en suis par instants navrée, mais songe à toutes ces écorchures que j’ai dû taire et je te le souffle enfin : laisse-moi respirer. Je te donne enfin une chance de comprendre plutôt que de tout prendre pour toi.

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cadence

Dans la danse s’attisent des vices sans constance mais les sires qu’en stance et tranchent à leur guise les bises s’effritent brûlantes soumises j’épuise exquise mes sens marquise je souffle j’agis à outrance qu’une once qu’importe j’écope les clopes sans syncope j’écourte utilise subtile ta bouche et souple j’aiguise ta coupe ton sourire au râle de ta croupe j’halète arrête au faîte ça fêle élance ma chance quel toupet sauté fouetté enchassé en avance au souhaité écoute ton cou écourté tout perlé tout ourlé sautillent tes cils graciles mes îles ta vague mon soupir je roule tu ris en dessous tu plonges tu grésilles je te goûte belle brindille scintille j’appuie et tu gîs gorgé tu t’essuies d’un revers du jet puis pense j’ai rêvé qu’au travers dans tes airs à ne pas y toucher sans coucher dans ta louche cadence que cuisent tant aimées ta caboche aux couleurs échappées amorce je mords tes braises et t’apaise bien aimé

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Avril

Dans un sursaut fragile
Le printemps se pare d’un âpre grésil
Et les branches se figent dans leur linceul d’eau claire

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Amère

Ton rire racle dans ma gorge

Je sursaute je me souviens

Juste au ciel

J’ai traîné

J’ai dérivé

J’ai manqué

Et ton sourire s’est éteint

Trop vite

Le moment est passé

Tu n’es plus je le sais bien

Amère

Chère

Grande mer

De ta chère

Détachée

Je creuse

Sans faim

Personne n’y peut rien

En moi ta chaise vide

Laisse une plaie vaste

Comme ton sourire

Mais j’entends toujours ton rire

Dans ma gorge béante

Qui me casse la figure

Et fissure ma gaieté

D’un accent de ta bonté

J’espère t’honorer, un peu

Mère d’été

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Joyeux garnement

Il y a une fêlure dans ton regard

Le regard de celui qui a regardé le présent bien en face et qui a pris sa solitude en pleine figure

Une fêlure dans tes yeux qui ont contemplé l’abîme et sont revenus plus aigus qu’une lame

Une fêlure dans ton sourire qui savoure à vif et se détourne pour mieux s’écorcher

Une fêlure dans tes bras qui embrasent la vie avec tant de fureur

Une fêlure dans chacun de tes pas, qui pétillent et qui souffrent d’aller trop lentement trop vite

Comme une fêlure dans ton âme, toujours prête à voler en éclats de rire

Toi garnement aux poches crevées de désirs insensés

Ta lumière sombre aveugle

Mais j’aime cueillir ta fêlure

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Working on a personal project

Working on a personal project

People in my family don’t talk about what’s wrong or the bad things that happened to them. They hate to complain. They are survivors. There’s this common cliché about never losing face in ‘Asian culture’. Well, I can’t speak for an entire continent, but my family holds this concept very, very highly.

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Why now?

Why now?

I realized I haven’t pitched the game properly here, so here’s what I currently have in my GDD:

Buried Wounds is an interactive graphic novel about the memories of a war veteran, where the player acts as a narrator: They dive into the troubled mind of a survivor, navigate through a constellation of vivid scenes from the past, connect them together by making choices, and create their own version of the veteran’s story. They decide what happened, when it happened, and what the veteran is going to tell about it to others.

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Heck why?

Some words about who I am and why I started this crazy project on my own.

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