Galejade

Amère

Ton rire racle dans ma gorge

Je sursaute je me souviens

Juste au ciel

J’ai traîné

J’ai dérivé

J’ai manqué

Et ton sourire s’est éteint

Trop vite

Le moment est passé

Tu n’es plus je le sais bien

Amère

Chère

Grande mer

De ta chère

Détachée

Je creuse

Sans faim

Personne n’y peut rien

En moi ta chaise vide

Laisse une plaie vaste

Comme ton sourire

Mais j’entends toujours ton rire

Dans ma gorge béante

Qui me casse la figure

Et fissure ma gaieté

D’un accent de ta bonté

J’espère t’honorer, un peu

Mère d’été

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Joyeux garnement

Il y a une fêlure dans ton regard

Le regard de celui qui a regardé le présent bien en face et qui a pris sa solitude en pleine figure

Une fêlure dans tes yeux qui ont contemplé l’abîme et sont revenus plus aigus qu’une lame

Une fêlure dans ton sourire qui savoure à vif et se détourne pour mieux s’écorcher

Une fêlure dans tes bras qui embrasent la vie avec tant de fureur

Une fêlure dans chacun de tes pas, qui pétillent et qui souffrent d’aller trop lentement trop vite

Comme une fêlure dans ton âme, toujours prête à voler en éclats de rire

Toi garnement aux poches crevées de désirs insensés

Ta lumière sombre aveugle

Mais j’aime cueillir ta fêlure

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Working on a personal project

Working on a personal project

People in my family don’t talk about what’s wrong or the bad things that happened to them. They hate to complain. They are survivors. There’s this common cliché about never losing face in ‘Asian culture’. Well, I can’t speak for an entire continent, but my family holds this concept very, very highly.

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Why now?

Why now?

I realized I haven’t pitched the game properly here, so here’s what I currently have in my GDD:

Buried Wounds is an interactive graphic novel about the memories of a war veteran, where the player acts as a narrator: They dive into the troubled mind of a survivor, navigate through a constellation of vivid scenes from the past, connect them together by making choices, and create their own version of the veteran’s story. They decide what happened, when it happened, and what the veteran is going to tell about it to others.

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Heck why?

Some words about who I am and why I started this crazy project on my own.

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Petits souvenirs

 

Le Roy (2004)

Il était une foy, et maintenant deux foy,

Un homme. Ou plutôt, une stupidité

Remarquable. Ainsi, on la couronna Roy

De toute une nation maculée de calamité.

 

Patriarche aimant, soucieux de son succès,

Il fit emprisonner les cœurs dans l’ignorance

Et plonger le regard au fond d’un puits de rance

Où l’or, mêlé au sang, nourrit tous les excès.

 

Qui peut-on accuser, le rêve ou la folie ?

Est-ce la faute au Roy ou au peuple en déroute

Qui espère qu’un jour leur murmure poli

 

Atteindra les cieux étoilés où nul doute

N’est permis ? L’Illusion, de son côté, écoute,

Eblouie, comme on peut la trouver fort jolie.

 

—-

La sirène et l’orage (1996?)

 

Il était une fois une sirène,

Qui avait de la peine.

Elle ne savait pas faire de la laine

Avec du chêne.

 

L’orage cria plein de rage :

« A ton âge !

Tu devrais être sage

Et plutôt dessiner un beau paysage

Sur une belle plage.

 

Et c’est ainsi qu’elle dessina une plage

Avec un roi mage en otage.

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Rature

​Une rature un trait de flamme

La langue qui s’aiguise et les larmes comme une lame

S’émousse sur une esquisse

Un rêve lointain

Épouse l’eau qui glisse

La fatigue l’aigreur la faim

La rage la soif la terreur

Les secousses les cris ; le silence sans fin

Ébruite la clameur d’une peur assourdie

Jamais jamais le répit

Le luxe de la paix à payer à quel prix

De ces guerres intérieures qui nous aveuglent

De ces vérités sans éclat qui s’ouvrent en trompe l’oeil

On ne veut plus on étreint

Dans son cocon bleu défilent les pages de prêches convaincus
On ne cherche plus assez, on n’écoute plus

La vérité devenue chimère trop chère

Dont ne veulent plus les riches
Et l’on danse sur deux pieds

Mais prenez mes mains, prenez mes joues

Embrassez et récoltez

Frappez et sonnez

Criez et pleurez

Et vous serez brèche

Dans ce néant qui assombrit

N’abandonnez jamais votre intime clarté

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