Rature

​Une rature un trait de flamme

La langue qui s’aiguise et les larmes comme une lame

S’émousse sur une esquisse

Un rêve lointain

Épouse l’eau qui glisse

La fatigue l’aigreur la faim

La rage la soif la terreur

Les secousses les cris ; le silence sans fin

Ébruite la clameur d’une peur assourdie

Jamais jamais le répit

Le luxe de la paix à payer à quel prix

De ces guerres intérieures qui nous aveuglent

De ces vérités sans éclat qui s’ouvrent en trompe l’oeil

On ne veut plus on étreint

Dans son cocon bleu défilent les pages de prêches convaincus
On ne cherche plus assez, on n’écoute plus

La vérité devenue chimère trop chère

Dont ne veulent plus les riches
Et l’on danse sur deux pieds

Mais prenez mes mains, prenez mes joues

Embrassez et récoltez

Frappez et sonnez

Criez et pleurez

Et vous serez brèche

Dans ce néant qui assombrit

N’abandonnez jamais votre intime clarté

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