Insu

​Vous savez, j’ai un secret : je n’en ai pas…! C’est gênant, n’est-ce pas ? Je m’en suis aperçue trop tard — et ce n’est pas évident tous les jours. En plus, je crois que les gens savent — mais je me trompe peut-être. C’est fou, quand on y pense — c’est vrai que j’aurais pu m’en rendre compte plus tôt, c’est forcément ma faute. Mais que voulez-vous, on naît, on ne décide pas — qui on n’est pas. On fait ce qu’on peut — mais ça ne suffit pas. Alors on traîne — et la patte se graisse, et les joues s’affaissent. Alors je pourrais peut-être faire quelque chose pour y remédier — cependant, quand on est en faute, peut-on réellement réparer ? Et se parer au pire ? Ou se préparer, quand la parade est déjà toute trouvée ? Allons donc, tant de jérémiades et de drames inutiles — j’aurais voulu en avoir, c’est vrai, mais on ne va pas en faire un fromage et finir en chair à saucisse. Ça ne mange pas de pain ces gens-là — ça vous ronge les os comme l’archiduchesse en laisse sans son chien. Ah, si j’étais née charogne, je n’aurais pas si faim — je ferais comme tout le monde, je me gargariserais de mon prochain, et surtout de mon lointain. Demain, c’est toujours loin.

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