Elle était

​Elle marchait à petits pas, ayant toujours l’air de trottiner vers on ne sait quoi,

Perchée sur ses grands talons courbes, elle se dandinait coquette comme un coq,

Dans son sillage un parfum franc, floral, chatouillait la narine

Mais fatiguée son odeur devenait musquée, comme du thé vieilli

Je refusais de voir cet air épuisé qu’elle avait fini par me cacher

Je rejetais ces moments où elle me parlait de quand tout serait fini

Elle dirigeait, elle actionnait, dans sa candide insolence, elle souriait,

Elle maîtrisait, elle trichait, elle triomphait, elle doublait, elle mentait et souvent je m’offusquais

Tant d’arrogance, tant d’autorité, dans cette petite poire aux yeux ronds de chat

Mais son rire brillait comme celui d’une enfant à jamais grande 

Elle feignait l’ignorance en crachant son impertinence

Elle courbait l’échine mais s’en allait toujours à tire d’aile

Planer au-dessus de ceux qui se croyaient meilleurs qu’elle

Elle trompait se taisait mais imposait sans crier

Quand il fallait défendre, créer sans se montrer

Sa futile intelligence tombait toujours à côté 

À demi-mots, dans son monde trouble, pas toujours gai

Tant de gens aspirairent à sa compagnie dédaigneuse, 

Mais qui partait parfois d’un petit rire

Elle se foutait du monde, sincèrement, pour mieux s’en départir

Elle avait tant vécu, oubliant parfois de se tenir
Elle était difficile à prendre au sérieux, car sa douleur la rendait lointaine, inadéquate

Mais elle savait aussi par instants crever le cœur à en crever les yeux

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