Bah

Finement sans acompte on se prélasse feintement, l’angoisse au bord des lèvres on étreint l’absence

Et l’on songe avec trouble aux accents d’avant et puis le temps, le temps

S’étire

Tandis que l’espace

s’amoindrit

tout petit tout

fébrile si volatile

qu’on balaye d’arrache-pied

Il perd une dimension

Il semble si plat

Truffé d’aiguilles pourtant

De ces pointes de peur de manque d’os sans chair

On surenchérit alors

On devient aveugle et sourd

Tandis que la cacophonie augmente

Tandis que les chiffres dégringolent

Ou grimpent à une vitesse folle

On ne sait plus à quel curseur se vouer

Mais je pense tendrement j’écris beaucoup vainement

Je rejoins sans atteindre, j’étouffe sans me plaindre

J’essaie

La vie pointille tandis que d’autres se meurent

Comme toujours comme avant